Le TDAH ou trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité est un trouble du développement neurologique qui affecte les capacités d’attention et de concentration de l’enfant et peut être associé ou non à des symptômes d’hyperactivité et d’impulsivité.

Apparaissant tôt dans l’enfance (il a été démontré que certains signes sont présents dès la naissance), il peut se manifester sous trois formes :

  • Un trouble de l’inattention sans hyperactivité (plus fréquent chez les filles)
  • Un trouble à dominante hyperactivité-impulsivité (plus fréquent chez les garçons)
  • Une forme mixte dans laquelle l’enfant présente une combinaison des symptômes d’inattention, d’hyperactivité et d’impulsivité sans dominante marquée

Le déficit de l’attention est présent dans les trois formes à divers degrés : difficulté à se concentrer, à suivre les instructions et à terminer les tâches entreprises à l’école ou à la maison, difficultés d’organisation, « étourderie » (l’enfant est dissipé, oublie son matériel ou perd ses affaires) et réticence à participer à des activités nécessitant une concentration soutenue. 

L’hyperactivité et l’impulsivité se traduisent quant à elles par une agitation excessive et persistante. Les enfants concernés supportent mal les contraintes de la vie familiale et scolaire, ont tendance à se tortiller sur leur chaise, à se relever, à courir ou à sauter de façon excessive, ou encore à interrompre les autres (difficulté à attendre son tour).

Bien qu’ils constituent souvent la partie visible de l’iceberg dans les formes de TDAH mixtes ou à dominante hyperactivité-impulsivité, notez que ces symptômes ne constituent jamais un TDAH à eux seuls : ils ne peuvent mener à ce diagnostic que lorsqu’ils sont associés au déficit de l’attention.

Difficultés relationnelles, isolement, retard d’apprentissage, faible estime de soi ou encore dépression : le TDAH peut avoir des répercussions plus ou moins sévères sur la qualité de vie de l’enfant et de son entourage (avec une incidence scolaire importante). 

Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée permettront de soulager les symptômes et d’éviter des complications plus lourdes, pour que chaque enfant évolue dans les meilleures conditions. 

Prévalence et facteurs de risque

Au cours des dernières années, le nombre d’enfants diagnostiqués TDAH a explosé un peu partout dans le monde, y compris en France, où les ventes de Ritaline — un médicament prescrit pour traiter les formes avec hyperactivité — ont augmenté de 70 % entre 2008 et 2013.

De nombreux experts s’interrogent donc aujourd’hui sur la prévalence réelle du TDAH et l’éventualité d’un surdiagnostic. Cependant, les dernières études indiquent que le TDAH toucherait environ 8 à 11 % des enfants d’âge scolaire et serait deux fois plus fréquent chez les garçons.

Selon une étude menée en 2011 (Lencendreux et al.), la forme à dominante « trouble de l’attention » est la plus répandue (46,5 %) suivie par la forme à dominante « hyperactivité-impulsivité » (35,9 %) et enfin la forme combinée (17,6 %).

En raison de l’apparition précoce des signes — généralement remarqués avant l’âge de 12 ans et même en bas-âge — le TDAH est considéré comme un « trouble de l’enfant ». Cependant, bien que les symptômes tendant à s’atténuer avec le temps (ou à se modifier par adaptation progressive), environ la moitié des patients continueront à présenter des symptômes nécessitant un suivi à l’âge adulte.

Les facteurs de risque mis en évidence pour le TDAH sont multiples et il n’existe pas de cause unique connue. Selon les études disponibles, l’apparition de ce trouble relèverait plutôt d’une synergie de facteurs :

  • génétiques/héréditaires (prévalence plus élevée chez les personnes dont les proches sont également touchés, déficit en dopamine)
  • biologiques et environnementaux (carence en magnésium, carence en fer, exposition prénatale à l’alcool, au tabac ou à la cocaïne, exposition au plomb)
  • autres (poids de naissance inférieur à 1,5 kg, traumatisme crânien, apnée obstructive du sommeil, méningite bactérienne)

Il existe également une corrélation entre TDAH et temps passé devant la télévision ou les jeux vidéo. Certains experts pensent que le déficit en dopamine pourrait être à l’origine de cet attrait pour les activités virtuelles stimulantes : le TDAH en serait donc la cause plutôt que l’effet.

Comment reconnaitre un TDAH ? (tests)

Le TDAH est un trouble complexe qui se manifeste sous différentes formes et évolue avec l’âge. Ses symptômes peuvent donc aisément être confondus avec d’autres troubles (troubles de l’apprentissage ou du comportement divers, dyslexie, tics, syndrome des jambes sans repos, anxiété, etc.) qui peuvent y être associés ou non.

Autrement dit, votre enfant peut tout à fait présenter des signes d’inattention ou d’hyperactivité —y compris dans le contexte scolaire — sans pour autant être concerné par le TDAH. Sachez également qu’un diagnostic ne peut être envisagé que si les symptômes persistent depuis au moins 6 mois

D’autre part, au moins 6 des 18 signes et symptômes décrits pas le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (9 symptômes d’inattention et 9 symptômes d’hyperactivité/impulsivité) doivent être présents pour diagnostiquer un TDAH. Vous pouvez consulter la liste complète des symptômes ici.

Vous remarquez chez votre enfant des difficultés de concentration persistantes ou d’autres symptômes évocateurs ? Vous reconnaissez certains signes du TDAH dans votre propre fonctionnement d’adulte ? Sachez que différents autotests basés sur les critères du DMS-5 sont disponibles en ligne :

  • Ce test en 18 questions destiné aux parents pourrait vous fournir des pistes à évoquer avec les professeurs ou le médecin de votre enfant.
  • Ce test adapté aux adultes pourrait quant à lui vous fournir des indices sur vos propres tendances.

Les réseaux et sites spécialisés sont également très utiles pour s’informer de façon autonome et échanger avec des experts ou des patients. N’hésitez pas à consulter le site de l’association TDAH France qui comporte de nombreuses sections bien fournies, ainsi que des forums de discussion.

Quand consulter pour le TDAH ?

Il y a autant de profils psychologiques et comportementaux que d’individus, et les enfants peuvent traverser des phases d’agitation, se montrer turbulents ou entrer en conflit avec les adultes sans que cela relève d’une pathologie. Cependant, lorsque les symptômes persistent avec impact significatif sur notre fonctionnement et notre qualité de vie, la consultation s’impose.

Des difficultés récurrentes qui perdurent dans le temps, un enfant qui exprime une détresse, un parent surmené ou une équipe pédagogique qui donne l’alerte sont autant de signaux qui doivent vous inciter à consulter au plus vite un professionnel de santé.

Obtenir de l’aide à un âge précoce permettra notamment à l’enfant TDAH d’aborder l’adolescence plus sereinement : une période charnière où les troubles peuvent se compliquer (anxiété, conflits familiaux plus violents, dépression) avec notamment l’apparition de comportements de compensation (consommation de substances psychotropes, conduites à risque).

En l’absence de prise en charge adaptée, le TDAH peut avoir des répercussions plus ou moins sévères sur l’évolution et la scolarité de l’enfant à long terme. Un diagnostic précoce peut permettre d’inverser la tendance en fournissant à l’enfant et à ses proches les outils dont ils ont besoin pour mieux gérer les difficultés au quotidien.

Qui consulter pour le TDAH ?

Bien que les parents remarquent parfois très tôt certains signes d’inattention ou d’hyperactivité chez leur enfant — souvent avant l’âge de 4 ans — ces signes font rarement l’objet d’une véritable enquête médicale avant l’entrée à l’école : les symptômes du TDAH deviennent alors évidents, de par sa forte incidence sur la capacité de l’enfant à se montrer attentif et respectueux des règles.

Si votre enfant rencontre ce type de difficultés, vos premiers interlocuteurs seront donc souvent ses professeurs et son médecin traitant. Ceux-ci joueront un rôle important dans le diagnostic et le suivi, qui nécessite une véritable coopération entre différents intervenants pour évaluer, analyser et prendre en charge le TDAH.

Voici un aperçu des différentes étapes qui pourraient jalonner votre parcours :

  • Un bilan médical global mené par votre médecin traitant et les différents spécialistes qu’il pourrait solliciter (orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, neuropsychiatre, ophtalmologiste). Ce bilan vise à détecter ou écarter différents troubles susceptibles de compliquer le diagnostic du TDAH, comme une dyslexie, un autre trouble des apprentissages ou de la motricité, des problèmes de vue ou d’audition, etc.
  • Un bilan éducatif, avec des questionnaires d’évaluation remplis par les parents et les professeurs (comme le questionnaire de Conners) permettant d’évaluer les difficultés rencontrées dans la vie familiale et scolaire au moment du diagnostic puis au fil de la prise en charge.

Les spécialistes peuvent aussi demander aux parents de fournir des vidéos permettant d’observer l’enfant dans différentes situations du quotidien.

Suite aux entretiens avec le médecin traitant, c’est un spécialiste du TDAH (pédiatre, neurologue, psychiatre pour enfant, neuropsychologue) qui posera le diagnostic et proposera une stratégie thérapeutique.

Quelle prise en charge pour le TDAH ? (médicament, thérapie, holistique)

La prise en charge du TDAH est pluridisciplinaire. Pour un maximum d’efficacité, elle doit être holistique et pensée « sur mesure », selon les besoins de chaque patient. L’objectif premier est d’améliorer la qualité de vie du patient et de son entourage, tout en réduisant les risques de complication. 

Elle fait intervenir plusieurs approches thérapeutiques :

  • En première intention, une psychothérapie et un suivi éducatif sont mis en place : différents types de psychothérapies peuvent être proposées, ainsi qu’un projet pédagogique et familial spécifique (soutien scolaire, aménagement de l’emploi du temps, formation des parents).

Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) sont particulièrement plébiscitées dans le traitement du TDAH puisqu’elles fournissent au patient des outils concrets pour mieux adapter son comportement et faire face aux défis quotidiens, à travers l’auto-observation, la prise de conscience et la mise en pratique des techniques apprises en atelier.

Comme leur nom l’indique, les thérapies comportementales et cognitives permettent au patient d’agir respectivement sur ses comportements (agir stratégiquement plutôt qu’impulsivement) et sur ses pensées/sa cognition (prendre conscience de ses schémas de pensée, remplacer une pensée négative par une pensée positive, etc.). 

Elles peuvent être adaptées aux enfants à travers des ateliers ludiques et diversifiés, notamment les travaux manuels et les jeux de rôle. Cette page du site TDAH France donne un aperçu intéressant de ces thérapies et de leurs bénéfices.

  • Un traitement médicamenteux peut être prescrit lorsque les mesures psychothérapeutiques et éducatives ne sont pas suffisantes pour réduire les impacts négatifs du TDAH. 

La molécule la plus couramment utilisée est le méthylphénidate, un psychostimulant commercialisé sous plusieurs appellations (Medikinet®, Ritaline®, Ritaline LP®, Concerta LP®, Quasym LP®) qui agit sur la libération de dopamine pour améliorer les capacités de concentration du patient.

Le choix des thérapies et médicaments, ainsi que leur posologie, se fera en fonction de la sévérité des symptômes et du profil du patient. Le méthylphénidate peut être prescrit à partir de 6 ans. D’autres approches ou médicaments peuvent également être nécessaires pour traiter les éventuelles pathologies fréquemment associées au TDAH (comorbidités) telles que l’anxiété ou la dépression.

Comment aider un enfant avec un TDAH

De par leur difficulté à se concentrer, à s’organiser et à gérer leur impulsivité, les enfants TDAH perturbent la vie familiale et scolaire, mettant bien souvent à rude épreuve la patience de leur entourage, notamment de leurs parents et enseignants.

Un cercle vicieux négatif peut alors s’installer au fil du temps : l’enfant qui se voit constamment réprimandé, puni par les adultes ou isolé par ses camarades en raison de comportements inadaptés peut — faute d’accompagnement et d’outils efficaces — développer un sentiment d’échec et de résignation (« Je n’y arrive jamais/Je ne fais jamais les choses comme il faut/Je suis toujours puni »).

L’accompagnement d’un enfant TDAH va donc consister, au-delà de la psychothérapie de l’enfant et du traitement éventuel prescrit, à inverser la tendance pour le retrouver une dynamique positive, motivante et propice à son épanouissement. Une bonne communication et une coopération durable entre parents, enseignants et soignants sont les clés d’un accompagnement efficace.

Les spécialistes assurant le suivi de l’enfant doivent également apporter un soutien et des solutions aux parents face aux défis du quotidien : de véritables thérapies familiales ainsi que des programmes de formation parentale peuvent être proposés en fonction des besoins de chaque famille.

Différentes mesures de gestion ou d’éducation pourront être mises en place à la maison comme à l’école, notamment :

  • Adapter l’emploi du temps, éviter les stations assises/périodes d’immobilité prolongées
  • Adapter les consignes données à l’enfant et les exigences en termes de concentration
  • Guider l’enfant vers les techniques apprises en atelier, notamment à travers les thérapies comportementales et cognitives. Il peut s’agir, par exemple, de l’encourager à prendre un temps de repos au calme, à demander de l’aide ou à exprimer ses difficultés pour éviter les crises.
  • Apprendre à renforcer positivement les comportements adaptés et à encourager les efforts de l’enfant, mettre l’accent sur les points positifs, etc.
  • Proposer des activités physiques adaptées pour aider l’enfant à décompresser.

Chaque enfant et famille suivra un parcours unique. Retenons cependant que pour accompagner efficacement l’enfant, les adultes doivent être soutenus et formés à la gestion du trouble. La compréhension et le soutien mutuel sont essentiels. L’échange avec d’autres parents est une source précieuse d’information et de motivation.

Être adulte avec le TDAH

Le TDAH évolue avec l’âge du patient, ce qui peut compliquer son diagnostic chez l’adulte. En effet, les symptômes présents dans l’enfance peuvent peu à peu être « masqués », modifiés ou compliqués par les mécanismes d’adaptation et de compensation que le patient met en place spontanément au fil des années, aboutissant dès l’adolescence à une détresse plus « silencieuse », faute d’accompagnement.

Ainsi, l’adolescent et le jeune adulte sont davantage susceptibles de présenter des comportements asociaux (liés au sentiment d’échec et à la mauvaise estime de soi) et des symptômes secondaires tels que l’anxiété, la dépression ou les troubles de l’humeur. Beaucoup utilisent également des substances psychotropes ou des exutoires comme les jeux vidéo pour pallier à leur mal-être. 

Que vous ayez bénéficié ou non d’un suivi depuis l’enfance, si vous présentez des symptômes évocateurs ou souffrez de troubles psychologiques ou d’addictions, il est essentiel de vous faire aider. De nombreuses solutions s’offrent également aux adultes et il n’est jamais trop tard pour mieux vivre !

En cas de suspicion de TDAH, les médecins vous proposeront de répondre à des questionnaires et pourront éventuellement vous demander de consulter vos dossiers scolaires afin de confirmer la présence de certains symptômes dans l’enfance.

Si le diagnostic se confirme, vous pourrez bénéficier de l’ensemble des approches thérapeutiques présentées dans cet article sous des formes adaptées à l’adulte, notamment aux thérapies comportementales et cognitives qui offrent d’excellents résultats en termes d’adaptation et de gestion des difficultés de la vie d’adulte.

Sources

https://www.msdmanuals.com/

https://www.pourquoidocteur.fr/

https://www.tdah-france.fr/

http://www.psychomedia.qc.ca/

https://www.aspedah.ch/

Psychologues spécialisés en TDAH