2021.11.22

Julie nous raconte son expérience de Burnout

Quand avez-vous senti que quelque chose n’allait pas ?

Déjà en 2015, une grande fatigue m’est tombée dessus d’un coup. Mais ce n’est qu’en mars 2016 que j’ai été mise en arrêt maladie. À l’époque mon mari était sous traitement  pour un cancer, ce qui évidemment nous a mis dans un stress énorme. Avec du recul, je pense que la cause de mon épuisement réside dans 10 ans d’enfer avec le père de mes enfants et les années suivantes où j’ai dû subvenir aux besoins des enfants toute seule… Je ne me suis jamais vraiment arrêtée pour essayer de prendre le temps de guérir de la violence que j’ai subie pendant des années, j’ai juste continué. Le fait que la vie de mon nouveau mari, qui est un grand soutien pour moi, ait été en danger m’a complètement. chamboulée. 

Quels symptômes étaient les plus évidents ?

De tous les symptômes qui existent,  je les ai tous. L’épuisement que je ressens, c’est cela le pire. Je suis tellement épuisée que je ne peux même pas lever les bras sous la douche pour me laver les cheveux. Autrement, ce sont les pleurs et les nausées. Ensuite, tout dépend de la situation : palpitations, vision floue, maux de tête violents, à un tel point que je ne sais plus où je vais, que j’oublie où je suis ou ce que je fais. La panique qui surgit quand je vois ce qu’il faut faire mais je ne le fais pas, l’irritation et la colère que je ressens envers la plupart des gens, les maux de tête qui durent plusieurs jours sans raison apparente, etc.

Combien de temps avez-vous mis avant de demander de l’aide et comment avez-vous été soignée ?

Je suis allée voir le responsable de mon travail le mardi après le weekend de Pâques 2020 et j’ai raconté comment je me sentais. Ils ont réservé trois appels vidéo avec le médecin du travail. Mais les efforts de la part de mon employeur sont arrivés un peu trop tard et n’ont pas été suffisants.  Je suis restée à la maison les quelques jours que j’ai pu sans certificat médical. Cela fait trois mois que je suis en arrêt maladie et j’ai vu une infirmière psychiatrique au lieu d’un médecin de travail car je pensais que cela m’aiderait peut-être plus. Je pense que les médecins écoutent mal et préfèrent prescrire des médicaments. Même si je dis que ca n’est pas ce que je veux et que j’ai besoin d’une aide différente.. Maintenant, mon arrêt de travail est terminé et j’ai rendez-vous avec mon responsable cette semaine pour planifier mon retour au travail.

A quoi ressemble votre quotidien aujourd’hui ? Comment récupérer au quotidien ?

La vie de tous les jours, oui, c’est dur. Je suis plus fatiguée maintenant qu’au début et je pense que c’est parce que je me suis donné le temps d’atterrir dans l’épuisement, comme l’a dit le médecin du travail. J’essaie vraiment de me donner du temps de récupération en fonction de ma forme du jour. Mais quoi que je fasse : yoga, marche ou voir des amis, tout me demande de l’énergie. J’ai vidé toutes mes ressources, j’ai du mal. J’essaie de planifier de ne rien faire et je me balade souvent dans la forêt, je fais de la méditation et je travaille sur ma respiration. L’activité physique c’est bien mais elle ne doit pas être trop intense car sinon le corps s’arrête…et je serai complètement épuisée pendant des jours.

Que voudriez-vous dire à quelqu’un qui se sent stressé mais qui n’a rien fait pour se sentir mieux?

Quand on se sent stressé et qu’on en souffre, on sait  généralement d’où cela vient dans le fond, mais c’est difficile de regarder la cause en face et de faire les changements nécessaires. C’est un effort que l’on a tendance à toujours reporter au lendemain.  Mon seul conseil est : osez ressentir, demandez de l’aide! Vous n’êtes pas nul ou incapable, personne ne peut tout faire!

// Julie