Cet article parle de la thérapie cognitive et comportementale. Tous les psychologues chez Mindler sont expérimentés en thérapie cognitive et comportementale.

On attribue aux philosophes stoïciens de l'Antiquité l'inspiration de la thérapie cognitive élaborée dans les années 60. Toutefois, c'est au début du XXème siècle que se développe la thérapie comportementale.  Dans le courant des années 50 et 60, les deux approches sont progressivement combinées et la thérapie cognitivo-comportementale fait son apparition grâce aux recherches des psychothérapeutes  Albert Ellis, Abraham Low et Aaron T. Beck. 

Cette thérapeutique issue des thérapies brèves,  englobe un éventail de traitements qui adoptent une démarche scientifique en se fondant sur les résultats de nombreuses études évaluant la progression du patient. L'efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) a été démontrée pour traiter une multitude de troubles mentaux y compris la dépression, les troubles anxieux, les phobies, les dépendances, les problèmes conjugaux et les troubles alimentaires. Par ailleurs, les recherches soulignent que dans le cas de dépressions légères et modérées, l'efficacité de cette thérapie est supérieure aux autres thérapies psychologiques et aux traitements médicamenteux ¹. 

Plutôt que de s'attacher exclusivement au passé, la thérapie cognitivo-comportementale se focalise sur la vie actuelle du patient pour modifier les "distorsions cognitives" c'est-à-dire les croyances et les schémas de pensée négatifs qui sont à l'origine de la détresse psychique et des comportements inadaptés.   Le but ultime de ce traitement est d'aider le sujet à acquérir de meilleures compétences pour faire face aux défis de la vie.

Principes thérapeutiques de la TCC : Comment ça marche ?

Le déroulement typique d'une TCC s'effectue en quatre phases:

1/ La phase d'évaluation 

Lors de cette première étape, il est possible que le thérapeute vous demande quelques informations de base, qu'il /elle se présente  et vous explique le processus de la TCC. Cela permet de détendre l'atmosphère pour ensuite s'engager dans un entretien plus profond pendant lequel le praticien posera de plus amples questions pour déterminer les difficultés qui vous ont amené à suivre une thérapie et les problèmes pour lesquels vous souhaitez obtenir de l'aide. On appelle ce processus l'analyse fonctionnelle. 

Exemples de questions: Quels sont les traits de caractère qui définissent votre personnalité? Quelles sont vos forces et vos faiblesses? Quels sont vos rêves les plus chers? Vos valeurs ? Le problème actuel que vous souhaitez résoudre?

Le thérapeute vous demandera ensuite quels sont les objectifs que vous visez et ce que vous souhaitez que la thérapie vous aide à accomplir. Tous ces éléments permettront au thérapeute de dégager un diagnostic de cette analyse fonctionnelle. 

2/ La  phase de formulation

Pendant cette deuxième étape, vous et votre thérapeute allez schématiser sur papier le problème auquel vous faites face, les éléments qui le déclenchent, les pensées qui y sont associées et les comportements que vous adoptez actuellement pour le gérer. Puis vous allez fixer ensemble des objectifs réalistes.

Exemples de questions : Quels comportements adoptez-vous le plus souvent face au problème? Quels comportements adoptez-vous plus rarement? Comment cela peut-il être corrigé? Que souhaitez-vous retirer de la thérapie? Quels résultats sont réalistes? Quand jugerez-vous que la thérapie a réussi  et souhaiterez-vous arrêter les sessions ?

Dans le but que le patient comprenne mieux sa pathologie, le thérapeute va communiquer avec son patient et lui expliquer le fonctionnement de son trouble. On entre alors dans l'aspect de la psychoéducation où  le praticien va informer le patient de son diagnostic, établir des stratégies pour sortir de l'impasse et définir une orientation thérapeutique. L'analyse comportementale permet également au patient d'avoir une image plus claire de sa situation.

3/ Phase active du traitement

La troisième phase est la phase active du traitement.  Des stratégies concrètes sont établies pour modifier les schémas de pensée négatifs, le thérapeute et son patient travaillent sur la restructuration des pensées et sur la manière de modifier les comportements inadaptés.

4/Prévention de la rechute

La dernière étape intervient quand le patient à fait de réel progrès et estime pouvoir arrêter la thérapie. Le thérapeute va proposer des séances plus espacées dans le temps et procéder à des vérifications,  pour être sûr que les progrès soient durables. 

Les méthodes utilisées par la TCC.

  • Le questionnement socratique 

Il s'agit d'une technique  thérapeutique utilisée pour faciliter la restructuration cognitive. Par le biais de questions ouvertes et bien orientées, le thérapeute aide le patient à voir son problème sous un angle différent en l'encourageant à examiner de nouvelles perspectives pour envisager des interprétations alternatives d'une situation. Cela permet au patient de réévaluer la validité de ses pensées ou croyances. Lors de la thérapie, on cherche à ce que le patient assouplisse la vision négative qu’il donne aux événements, et  qu’il trouve de lui-même des interprétations plus fonctionnelles et réalistes. Ainsi, le patient  pourra utiliser lui-même cette méthode pour lutter contre les futures cognitions négatives et éviter les récidives. 

  • Les jeux de rôle 

Le jeu de rôle est un outil thérapeutique qui permet au patient de jouer les scénarios possibles d'une situation imaginaire. Le jeu de rôle peut mettre en scène une situation donnée de la vie pour entraîner le patient à acquérir de nouveaux  comportements plus adaptés à la réalité. Cette méthode l'aide aussi à améliorer sa capacité de résolution des difficultés, à augmenter son estime de soi, à  développer son affirmation de soi ainsi que ses compétences sociales et communicatives.

  • L' Analyse fonctionnelle 

L'analyse fonctionnelle est la première étape de la thérapie cognitivo-comportementale qui permet au patient de s'auto-observer et de comprendre les interactions  entre ses pensées, émotions et comportements. L'analyse fonctionnelle examine la fréquence actuelle du problème et  considère les antécédents. Grâce à cette étude, le patient pourra comprendre le fonctionnement du trouble dont il souffre et  ce qui le maintient actif. Il existe diverses grilles schématiques d'analyse fonctionnelle que le thérapeute pourra utiliser (SORC, SECCA ou ASERCC). Cette étape est cruciale car elle détermine le succès de la thérapie. 

  • L'activation comportementale 

L'activation comportementale est une technique thérapeutique qui se concentre sur la modification des comportements plutôt que sur la restructuration des cognitions. Composante de la thérapie cognitivo-comportementale, elle s'est également développée comme approche thérapeutique à part entière et est particulièrement recommandée pour le traitement de la dépression. Partant du principe selon lequel les troubles dépressifs sont maintenus par l'inactivité,  cette théorie vise à augmenter l’engagement du patient dans des activités sociales et personnelles associées à un sentiment de plaisir pour multiplier les opportunités de vivre des expériences satisfaisantes, réguler les conduites d’aversion, et diminuer les comportements d'évitement. Des études ont démontré que cette thérapie a un impact positif sur les pensées, sans pour autant qu'elles ne soient ciblées dans le traitement. 

L'avantage de cette thérapie par rapport à la TCC, est qu'elle est plus simple à administrer et nécessite un moins grand nombre de séances.

  • La Mindfulness 

Inspirée des pratiques méditatives du bouddhisme, la Mindfulness ou méditation dite de "pleine conscience" est une technique  qui consiste à  focaliser  consciemment son attention sur le moment présent, sans porter de jugement. Le patient est encouragé à être attentif à ses émotions et ses pensées à dans l'instant présent sans y réagir automatiquement. Il ne s’agit pas de modifier le contenu de ses pensées mais de changer le rapport que l'on entretient avec ses pensées. La pratique de la pleine conscience aide à lutter contre l'anxiété et aide à se débarrasser de l’emprise des pensées et des émotions néfastes.

  • La psychoéducation 

La psychoéducation est l'éducation thérapeutique du patient c'est-à-dire une méthode qui consiste à former le patient pour qu'il puisse comprendre les causes et les conséquences de son trouble, connaître les traitements et repérer les signes éventuels de rechute. Cet apprentissage permet au patient de développer davantage d'autonomie et d'acquérir des compétences pour mieux gérer les symptômes de sa pathologie.

  • La relaxation 

La relaxation est une méthode thérapeutique préconisée pour les troubles anxieux dont le but est d'apaiser le corps et l'esprit pour lutter contre les manifestations physiques et psychiques du stress et retrouver la sérénité. Par le biais de techniques de contrôle de la respiration, de relaxation musculaire , d'images ou de scénarios apaisants, le patient apprend à progressivement contrôler les symptômes de son trouble et à restructurer les comportements inadaptés.

Comment se passe une séance de TCC en thérapie individuelle?

Le déroulement classique d’une TCC peut se définir en quatre étapes :

  • La phase d'évaluation 

Durant cette première étape qui se déroule en deux ou trois séances,  le psychothérapeute recueille toutes les informations nécessaires pour déterminer de quel trouble souffre le patient. Le praticien cherchera à comprendre quelle est la fréquence et l'intensité du trouble et son impact sur la vie du patient. Il s'informera aussi de l'historique du trouble , de ses causes, de ses circonstances de déclenchement et du moment où le problème est apparu pour la première fois.

  • La phase de planification des soins

Après la phase d'évaluation, le thérapeute et le patient vont décider ensemble de  fixer un certain nombre d'objectifs. Le thérapeute expliquera au patient les méthodes qui seront utilisées pour le soigner et proposera au patient des exercices au cours et en dehors des séances. 

  • La phase de traitement 

Dans le cadre du traitement, le patient suivra à son rythme le programme proposé et le thérapeute pourra réajuster le traitement lorsque cela sera nécessaire. 

  • L’évaluation du patient 

La quatrième phase consistera à évaluer les progrès du patient et les effets produits par le travail accompli. En fonction de son évolution, le thérapeute pourra modifier l'objectif à atteindre pour la prochaine séance. 

Y a-t-il des inconvénients à la TCC ?

En raison de la nature structurée des  séances de la TCC, les patients atteints de troubles mentaux extrêmement complexes ou présentant des difficultés d'apprentissage peuvent présenter des résistances au traitement. De plus, certains critiques prétendent que la TCC ne se concentre pas assez sur l'historique du patient et en particulier sur son enfance qui peut être la racine des troubles anxieux et dépressifs. D'autres encore pensent que la TCC  n'aborde pas suffisamment l'influence des dysfonctionnements familiaux sur les troubles mentaux notamment des systèmes ou familles qui ont souvent un impact considérable sur la santé mentale  des individus.

L'histoire des TCC.

Les Thérapies Cognitives et Comportementales  ont eu 3 vagues successives de développement :

  • 1ère vague comportementale (1950-1980)
    Face aux lourdes séquelles de la seconde guerre mondiale qui a vu les cas de dépressions et d'anxiété décupler chez les vétérans de retour aux États-Unis, les psychologues de l'époque se sont mis à la recherche de traitements rapides, porteurs de résultats concrets. Beaucoup d'entre eux ont alors voulu se démarquer  de la psychanalyse, une méthode de traitement des névroses développée par Sigmund Freud, jugée trop longue, trop théorique, et empiriquement faible. Ainsi se développe la première vague comportementale des TCC, qui utilise les principes du conditionnement classique (Pavlov), du conditionnement opérant (Skinner) ou de l'apprentissage social par imitation (Bandura) basés sur des recherches scientifiques, et se concentre sur  l'analyse expérimentale des comportements et leur changement pour apporter un soulagement significatif aux vétérans souffrant de troubles graves.
  • 2ème vague cognitive  (1980-1990)
    La deuxième vague des TCC est issue de la thérapie cognitive développée par Aaron Beck. Cette thérapie étudie la relation entre les pensées et les systèmes de croyances néfastes dans le but de les modifier. Selon cette thérapie ce n'est pas l'événement mais l'interprétation cognitive qu'on en fait qui déclenche l'émotion. Malheureusement, les filtres cognitifs  créent parfois des distorsions cognitives très éloignées de la réalité, qui nécessitent une thérapie pour être corrigées.Les TCC de la 2ème vague travaillent à changer des pensées et des émotions inadaptées tout en reconnaissant le principe selon lequel la façon dont nous nous comportons peut également être un outil performant pour changer les schémas de pensée négatifs.
  • 3ème vague « émotionnelle », acceptation et pleine conscience (1990- ...) :
    Les TCC de la troisième vague sont ancrées dans le présent et ne s'attèlent pas à changer les émotions et les pensées négatives. Elles cherchent plutôt à modifier la relation de l'individu avec ces dernières pour  l'aider à maintenir sa capacité d'adaptation aux difficultés de la vie. Parmi les TCC de la troisième vague les plus connues, on retrouve la thérapie de pleine conscience, appelée aussi Mindfulness, et les Thérapies ACT (Thérapie d’Acceptation et d’Engagement) qui  aident les sujets à prendre conscience de leurs pensées et à les accepter sans porter de jugement.

Références

  1. Cognitive Behavioral Therapy for Mood Disorders: Efficacy, Moderators and Mediators. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2933381/

Dernière mise-à-jour : 2021.06.04