Qu’est-ce qu’un problème sexuel ?

On désigne par les termes problème sexuel, trouble sexuel ou dysfonctionnement sexuel, une difficulté survenant au cours d’une phase de l’activité sexuelle. Une bonne santé sexuelle se manifeste à travers cinq phases : le désir, l’excitation, le plateau, l’orgasme et la résolution. Quand le problème perturbe une ou plusieurs étapes de ce cycle, on peut alors souffrir de :

  • troubles du désir (déficience ou absence de désirs pour les activités sexuelles)
  • troubles de l’excitation sexuelle (trouble érectile)
  • troubles de l’orgasme (anorgasmie, anéjaculation, éjaculation retardée ou précoce
  • troubles douloureux accompagnant/empêchant le rapport sexuel (vaginisme, dyspareunie)
  • troubles sexuelles non spécifié (paraphilies, trouble de l’identité sexuelle…) 

Le dysfonctionnement sexuel peut affecter les hommes comme les femmes, quel que soit leur âge et est de durée variable. Il peut être causé par des facteurs physiques, chimiques ou psychologiques, ou par l’association des trois. 

Certaines conditions physiques médicales comme le diabète, les troubles neurologiques ou les maladies du cœur peuvent causer des dysfonctionnements de l’activité sexuelle. Les causes chimiques peuvent être liées à des troubles hormonaux ou à certains médicaments comme les antidépresseurs et les neuroleptiques ou même de l’usage de drogues. 

Pareillement, des causes psychologiques comme l’anxiété, le stress ou la dépression peuvent elles aussi impacter la fonction sexuelle. 

Des facteurs, dits précipitants, tels qu’un conflit avec le partenaire, une préoccupation, une anxiété de performance, une peur de réussir ou un blocage en relation avec le comportement de l’autre peuvent venir déclencher une dysfonction sexuelle. 

Des facteurs, dits de maintien, peuvent quant à eux faire en sorte que ce problème se maintienne dans le temps : une stimulation sexuelle inadéquate, des idées préconçues sur la sexualité ou encore une crise dans le couple peuvent en être des exemples. Des difficultés d’ordre psychologique peuvent être mises en lien avec les troubles sexuels, et notamment une baisse d’estime et de confiance en soi, des symptômes dépressifs, de l’anxiété ou encore de l’irritabilité.

Toutefois, selon les causes, des traitements adaptés pourront aider chaque individu à venir à bout de ces troubles et à améliorer sa santé sexuelle. 

Quand consulter quand on a un problème sexuel ?

C’est avant tout une souffrance personnelle dans sa sexualité qui devrait motiver quelqu’un à rechercher une aide professionnelle. En règle générale, si un problème sexuel perdure pendant plus de trois mois il est conseillé de consulter. De nombreux tests psychologiques sont utilisés pour déterminer la nature d’un trouble sexuel. Parmi les instruments d’évaluation de la sexualité les plus courants, on trouve :

  • L’échelle ASEX (Arizona Sexual Experience Scale), un auto-questionnaire validé en 2000 par McGahuey qui permet de déterminer l’existence de troubles sexuels chez les hommes et les femmes. Ce test évalue les 5 phases de la fonction sexuelle et établit un score compris entre 5 et 30 points. Plus le score est élevé plus la perturbation de la fonction sexuelle est importante.
  • La DGFS (Dickson-Glazer Sexual Functioning Scale) est un auto-questionnaire dont le but est d’évaluer les troubles sexuels chez les patients traités par antipsychotiques.
  • L’International Index of Erectile Function (I.I.E.F), est un index de 15 questions et le Sexual Health Inventory for Men (S.H.I.M), un test composé de 5 questions permettant tous les deux de déterminer si le patient souffre de troubles de la dysfonction érectile.
  • Le Premature Ejaculation Profile (P.E.P), permet, en quatre questions, de détecter si le patient souffre d’éjaculation prématurée.
  • Le Men Health Sexual Questionnaire (M.H.S.Q) est un auto-questionnaire qui aborde la sexualité masculine de façon plus complète en analysant 4 domaines : l’érection, l’éjaculation, le désir et la satisfaction.
  • Le Female Sexual Function Index (F.S.F.I) un test de 19 questions est l’un des questionnaires les plus utilisés pour étudier la sexualité féminine à travers l’analyse de 6 domaines : le désir, l’excitation, la lubrification, l’orgasme, la satisfaction et la douleur.

Il semble important de préciser que ces tests, s’ils ne sont pas analysés par un professionnel de santé, n’ont aucune valeur diagnostique.  

Qui consulter lorsque l’on a un problème sexuel ?

Lorsque que l’on rencontre des difficultés sexuelles fréquentes ou passagères, il peut être nécessaire d’en parler tout d’abord à son médecin généraliste, un gynécologue ou un urologue. Ces médecins vous feront effectuer une série d’examens dont potentiellement des tests sanguins, cardio-vasculaires ou neurologiques afin de vérifier si les troubles sexuels que vous rencontrez sont causés par une maladie somatique. Dans ce cas, des traitements médicaux pourront alors être administrés pour soigner efficacement ces difficultés.

Cependant, quand il aura été établi que les causes ne sont pas d’origine organique, il faudra alors se diriger vers un psychologue et/ou un sexologue.

Quelle prise en charge pour un trouble sexuel ?

Quand les causes du problème rencontré sont entièrement psychologiques, la psychothérapie peut être une solution envisageable pour le patient.

Parmi les thérapies pouvant être recommandées en cas de dysfonctionnement sexuel, on peut trouver les thérapies cognitives et comportementales (TCC), l’approche systémique, l’EMDR, les approches psychodynamiques ou encore l’hypnose thérapeutique.

  • Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) auront pour but de modifier les schémas de pensée et comportements dysfonctionnels à l’origine du trouble sexuel. Le thérapeute aidera le patient à briser le cycle des conceptions négatives sur la sexualité et à comprendre d’où viennent ces émotions et ressentis qui sont souvent forgées par l’histoire familiale, les expériences passées ou les croyances sociales. Cela permettra au patient de réduire son anxiété ou sa peur lors de l’activité sexuelle, et d’adopter des pensées plus réalistes sur la sexualité. De manière plus concrète, le travail se fait via une amélioration des connaissances sur son corps et celui de son partenaire, une prise de recul vis-à-vis de ses pensées et anticipations liées à l’acte sexuel, un travail de prise de conscience et d’acceptation des ressentis et émotions présentes, et enfin la mise en place de comportements plus fonctionnels. En TCC, la thérapie est personnalisée le plus possible et les objectifs et techniques sont décidées en coopération, jamais contre la volonté du patient.
  • L’approche systémique aborde la sexualité sous son aspect relationnel et le couple est alors considéré comme un système. La sexualité étant un des indicateurs de la qualité de ce système. Lorsqu’un trouble sexuel est présent, il est appréhendé comme un symptôme du dysfonctionnement du système c’est-à-dire du couple, et pas seulement la responsabilité unique d’une seule personne. Il faudra donc, avec le thérapeute, élaborer de nouveaux modes de fonctionnement pour apprendre à mieux communiquer, apaiser les tensions et ainsi pouvoir éliminer les dysfonctionnements qui peuvent miner la qualité de la relation.
  • La thérapie par EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires), conçue par la psychologue américaine Francine Shapiro, est l’une des thérapies brèves les plus utilisées pour soigner les traumatismes dus aux abus sexuels, qui peuvent entraîner d’importants troubles sexuels chez les victimes. Cette technique reconnue par la Haute Autorité de santé en 2007 utilise des mouvements oculaires rapides de gauche à droite, qui permettent au cerveau de procéder au retraitement et à l’intégration d’informations difficiles telles que celles vécues lors d’agressions sexuelles. Le patient peut ainsi réussir à dépasser ses souvenirs douloureux pour se reconstruire et s’épanouir dans sa vie sexuelle.
  • Les approches psychodynamiques s’appuient sur la technique de la psychanalyse développée par Freud. Ces approches visent à libérer le patient de ses conflits inconscients en l’aidant à comprendre l’origine du dysfonctionnement sexuel à travers une analyse de son vécu.
  • L’hypnose thérapeutique, dans la prise en charge de troubles sexuels, a pour but de lever certaines inhibitions du patient via l’entrée dans un état de conscience modifié. Cela contribue à l’augmentation de sa réceptivité et à un travail plus rapide et efficace sur les situations difficiles qu’il rencontre. L’individu se concentre alors sur ses sensations corporelles pour pouvoir remplacer ses pensées néfastes par des cognitions plus adaptées à la sexualité et ainsi éliminer les troubles à l’origine des dysharmonies conjugales.

Les dysfonctionnements sexuels sont très fréquents chez les personnes souffrant de troubles psychiatriques. Pour ne pas arranger les choses, certains traitements médicamenteux utilisés pour soigner les maladies mentales aggravent parfois ces troubles sexuels notamment chez les patients atteints de schizophrénie, de troubles obsessionnels compulsifs ou d’anorexie mentale. Cela nécessite de la part de leur thérapeute, une prise en charge adaptée à leurs pathologies coexistantes.

Dans la plupart des cas où le problème n’est pas que psychologique, les traitements médicamenteux par voie orale seront prescrits chez les patients masculins. D’autres types de traitements comme les injections, la prise d’hormones ou même la chirurgie pourront aussi être employés si aucune autre option n’est envisageable. 

Chez la femme on pourra avoir recours à des traitements hormonaux, mais aussi à la rééducation périnéale dans le cas de difficultés à atteindre l’orgasme ou de douleurs pendant l’activité sexuelle. Tandis que le laser fractionné et la radiofréquence seront eux utilisés pour accroître les fonctions de lubrification vaginale.

Faut-il y aller seul ou en couple ?

Bien qu’aucune règle ne soit établie à ce sujet, la plupart des personnes qui consultent un praticien font naturellement le choix d’y aller seules. Notez cependant que chacun est libre de faire comme il le souhaite. Toutefois, dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit de difficultés sexuelles conjugales, le thérapeute pourra vous demander de venir en couple au moins une fois pendant la thérapie.

L’exemple de l’absence ou du manque de désir 

La perte de libido peut être le résultat de multiples facteurs. En fonction de la cause de la baisse du désir, on pourra adopter une variété de traitements : 

Si les causes sont essentiellement organiques, un traitement médical adapté prescrit par le médecin pourra aider le ou la patient(e) à retrouver son désir sexuel.

D’un point de vue psychologique, la perte de libido peut être liée à plusieurs facteurs. Un trouble comorbide tel que la dépression ou une anxiété aigue/chronique, peuvent notamment impacter l’humeur et les préoccupations de la personne et ainsi jouer un rôle dans la diminution du désir sexuel.

Des évènements de vie traumatisants ou ayant pu impacter notre vision de la sexualité peuvent également être en être l’origine, rendant ainsi la sexualité comme négative, dangereuse ou repoussante. 

La perte de libido peut aussi être en lien avec des problèmes au  sein même du couple, avec possiblement des attentes sexuelles différentes de chacun des membres, des conflits antérieurs ayant pu impacter sa représentation de soi et de(s) l’autre(s) ou simplement un manque de communication de ses ressentis et de ses envies. 

D’un point de vue individuel, un travail au niveau de sa représentation de soi, de sa sexualité et des autres pourra être réalisé avec un thérapeute. Par la suite et si cela est nécessaire, des outils et techniques concrets à utiliser seul et/ou en couple pourront être proposés afin d’envisager à nouveau le désir sexuel. 

Lorsque la problématique est évoquée au sein du couple et que toutes les solutions ont été tentées, une prise en charge auprès d’un thérapeute pourra être envisagée. L’axe principal du travail thérapeutique sera centré autour d’une meilleure communication au sein du couple (via notamment l’approche de la communication non violente) et d’une écoute attentive des attentes de chacun, permettant ainsi de progressivement parvenir à débloquer les tensions et à résoudre les difficultés rencontrées.