L’Anxiété sociale

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L’Anxiété sociale

Les symptômes de l’anxiété sociale

Des facteurs de risque très divers

Une pathologie qui vient rarement seule

Surmonter l’anxiété sociale, c’est possible

L’Anxiété sociale

Le Trouble d’Anxiété Sociale (TAS, aussi appelé Phobie Sociale) compte parmi les troubles psychiatriques les plus répandus. Il s’illustre par une grande timidité ou une peur profonde du regard des autres, qui selon les cas peut s’avérer gênante voir même clairement handicapante.

L’anxiété sociale n’a été définie que récemment : c’est en 1980 que le trouble a été identifié. Mais les progrès pour le traiter ont été très rapides, et certains traitements donnent aujourd’hui d’excellents résultats.

Et la première étape pour laisser le TAS derrière soi, c’est de l’identifier. Mindler vous propose donc son guide complet : qu’est-ce que l’anxiété sociale ? L’anxiété sociale de performance ? Qu’est-ce qui différencie le TAS de la timidité ou de l’agoraphobie ? Et du trouble de la personnalité évitante ? À quel point le TAS est-il répandu ? Existe-t-il des facteurs de risques particuliers ?

Et surtout, comment diagnostiquer l’anxiété sociale ? Qui consulter ? Et comment la soigner ?

Réponses dans les lignes qui suivent, pour vous permettre de reconnaître les signes d’anxiété sociale et savoir comment agir pour vous engager – vous ou vos proches – sur la voie de la guérison.

Qu’est-ce que l’anxiété sociale ?

En termes simples, l’anxiété sociale, c’est la peur d’être confronté au regard des autres et d’être embarrassé en public. Mais le TAS n’est pas le même pour tous. Chez certains, il est induit par la crainte des interactions sociales, c’est à dire simplement se trouver en public, chez d’autres, ce sont des situations plus spécifiques qui y sont corrélées : manger en public, exprimer son désaccord, passer un coup de téléphone, être taquiné, etc…

L’anxiété sociale peut aussi être liée à des situations de performance (discours, entretien d’embauche…). On parle alors d’anxiété sociale de performance. Nous y reviendrons dans les lignes qui suivent.

Ces observations peuvent nous conduire à une définition simplifiée du TAS :

L’Anxiété Sociale, c’est la peur excessive d’une ou de plusieurs situations sociales.

Les symptômes de l’anxiété sociale

La peur est au centre de l’anxiété sociale. Les symptômes sont donc émotionnels et cognitifs – créés par l’esprit – mais peuvent aussi se traduire par des manifestations physiologiques et affecter le comportement de ceux qui en souffrent.

L’aspect cognitif : l’anxiété sociale, c’est la peur de certaines interactions et du jugement des autres. Cette peur peut tout-à-fait être reconnue comme excessive et irrationnelle par la personne qui en souffre – sans qu’elle ne puisse pour autant la surmonter. 

Une personne souffrant du TAS aura tendance à se focaliser sur elle-même durant ses interactions sociales, pour tenter d’éviter toute erreur perçue comme embarrassante. Mais une personne atteinte d’anxiété sociale sera aussi plus encline à se juger négativement, et à analyser par ce prisme noircissant certaines ou toutes ses interactions sociales. 

L’aspect physiologique : le TAS est un trouble anxieux qui peut aussi se traduire de façon somatique, c’est à dire sur le corps et non simplement dans la tête. L’anxiété sociale peut aller jusqu’à la crise de panique, et se manifeste par certains des symptômes suivants :

  • tachycardie
  • transpiration
  • hyperventilation
  • difficultés respiratoires
  • rougissement
  • nausées
  • tremblement
  • bégaiement
  • larmes
  • douleurs abdominales

L’aspect comportemental : l’anxiété sociale varie en intensité selon les individus, et peut aussi se matérialiser avec des symptômes comportementaux. Une personne qui en souffre pourrait développer des comportements d’évitement : faire en sorte d’éviter à tout prix les situations inconfortables plutôt que d’y faire face. Et selon l’ampleur du trouble, cela peut mener vers l’isolement progressif de la personne.

L’anxiété sociale de performance

L’anxiété sociale se présente donc sous deux angles : l’anxiété d’interaction où, confrontée au regard des autres, la personne qui en souffre se sentira jugée. Et l’anxiété de performance, bien nommée car elle se manifeste dans des situations de performance. Elle rappellera l’idée de trac, en plus profonde, paralysante et intense : elle est liée aux situations d’évaluation. Elle se traduit par la peur de parler en public, de passer un examen ou un entretien d’embauche…

L’anxiété sociale de performance intervient donc dans des situations plus ponctuelles, et elle atteint son sommet avant la situation redoutée. Elle n’est pas sans conséquences, notamment professionnelles, dans la difficulté à trouver un emploi à la hauteur de ses qualifications par exemple. Mais elle sera aussi moins handicapante que l’anxiété sociale d’interaction dans la vie quotidienne.

Anxiété sociale ou timidité ?

La timidité se définit par de la réserve ou de l’inhibition dans les situations sociales nouvelles. Le concept rappelle fortement celui de l’anxiété sociale, et la frontière entre les deux peut paraître ténue.

Les différences sont pourtant importantes. Il s’agit d’une question de degré. La timidité induit une certaine peur des interactions nouvelles, mais l’anxiété diminue avec la multiplication des contacts. La timidité, c’est davantage l’hésitation. L’anxiété sociale est plus profonde, plus handicapante. L’inquiétude cède ici le pas à l’angoisse, au blocage même à l’idée d’être soumis au regard des autres, qui apparaîtra lourd de jugement. La peur de l’humiliation est centrale, et peut pousser à la crise de panique ou à l’évitement social. Et l’idée d’humiliation a un deuxième effet : la peur du jugement peut empêcher la personne atteinte de TAS de se confier à ses proches ou à un professionnel. Le trouble se nourrit alors de lui-même, en empêchant le sujet de prendre les initiatives qui contribueraient à l’alléger ou le guérir.

Anxiété sociale ou agoraphobie ?

L’agoraphobie peut aussi par certains aspects rappeler l’anxiété sociale.

Elle se définit comme la peur des lieux publics et des espaces ouverts, et, psychologiquement, cette crainte se fonde sur la peur de ne pas pouvoir fuir ou d’être secouru rapidement.

L’agoraphobie se manifeste différemment selon les cas, et peut se traduire par la peur des grands espaces (centres commerciaux, grandes places), des espaces clos (tunnels, ascenseurs, avions…), mais aussi des lieux publics (restaurants, transports en commun…). On l’associe souvent aussi à la peur de la foule, bien que ce trouble soit différent : on parlera davantage ici de démophobie (peur de la foule) ou d’ochlophobie (peur de la foule qui crée un sentiment d’oppression).

Et, comme pour l’anxiété sociale, l’agoraphobie peut avoir des effets profonds, qui vont jusqu’à la crise de panique et aux comportements d’évitement. Les manifestations physiques du trouble sont également très similaires.

Ce qui distingue ces deux troubles anxieux, c’est quelque chose d’autre : c’est tout simplement les causes du mal. L’anxiété sociale tourne largement autour de la peur du regard de l’autre ; l’agoraphobie, c’est la peur de ne pas pouvoir sortir de certains lieux publics et espaces ouverts.

Et les deux troubles se traitent, notamment par le biais des thérapies cognitives et comportementales (TCC), souvent très efficaces.

Anxiété sociale et personnalité évitante

Le trouble de personnalité évitante est aussi très proche de l’anxiété sociale ; les deux troubles coexistent d’ailleurs très souvent ! Ce trouble se caractérise notamment par un sentiment général d’incompétence et par une hypersensibilité vis à vis du jugement des autres. Ce sentiment entraîne un évitement global des situations et activités sociales qui pourraient impliquer une critique ou un rejet de l’autre. 

Nous sommes donc très, très proche de la phobie sociale. Les différences entre les deux troubles sont subtiles : l’anxiété et l’évitement se manifesteraient de manières plus ancrées et plus générale dans la vie de la personne souffrant d’un trouble de la personnalité évitante comparé à un trouble de l’anxiété sociale.

Un professionnel de la santé saura faire la différence entre anxiété sociale et personnalité évitante : les deux troubles sont bien étudiés, et il existe des diagnostics pour les séparer et orienter les patients vers le traitement adéquat. 

Prévalence et facteurs de risque

Les études scientifiques ont établi que l’anxiété sociale est un trouble assez courant : 3 à 13% des personnes seraient touchées au cours de leur vie. 

L’anxiété sociale est donc relativement répandue, et pourtant, elle n’est pas assez traitée. Pourtant, se soigner est possible (nous reviendrons plus bas sur les traitements du TAS), et le premier pas doit être de reconnaître la possibilité d’en souffrir.

Les causes de l’anxiété sociale dépendent d’une combinaison de facteurs variés, physiologiques, environnementaux, comportementaux, expérientiels… Et certains facteurs accroissent le risque d’être un jour confronté à de l’anxiété sociale.

Des facteurs de risque très divers

La génétique et l’environnement familial tout d’abord jouent un rôle important. Des études révèlent qu’avoir un parent ayant souffert d’anxiété sociale augmente les risques de développer le trouble. Également, d’autres études, elles, menées sur des jumeaux, montrent que si l’un d’eux développe un TAS, alors son jumeau aura un risque accru de lui aussi développer une anxiété sociale. Le TAS peut aussi être influencé par des facteurs de risque comme la présence de parents surprotecteurs, critiques ou un milieu familial refermé, diminuant ainsi les opportunités de sociabilisation et d’ouverture vers les autres. 

Enfin, les évènements de vie en tant que tels s’avèrent aussi être des facteurs de risque. Une grande partie des patients frappés d’anxiété sociale ont effectivement subi un traumatisme psychologique ou un événement social humiliant pouvant être associé à l’apparition ou l’aggravation des troubles.

Il semble pour autant important de préciser qu’il reste encore difficile d’isoler un facteur de risque responsable de l’apparition d’un trouble et que c’est souvent l’interaction de plusieurs de ces facteurs qui en influence la vulnérabilité.

Une pathologie qui vient rarement seule

L’anxiété sociale est souvent associée à d’autres troubles psychiatriques ; on parle alors de comorbidité. Et ce serait plus de la moitié des patients qui afficheraient au moins un autre trouble psychique. 

Les troubles dépressifs et troubles anxieux étant les troubles les plus fréquemment retrouvés, et les troubles de l’usage de substances, souvent des conséquences indirectes de l’anxiété sociale.

Comment diagnostiquer l’anxiété sociale ?

L’anxiété sociale est un trouble qui peut ressembler à beaucoup d’autres. 

Pour être diagnostiquer comme tel, le patient devra notamment afficher une anxiété marquée et persistante dans une ou plusieurs situations sociales où ils peuvent être observés par les autres, et la peur doit impliquer la crainte d’une évaluation négative.

Les éléments suivants doivent également être présents :

  • Les mêmes situations sociales sont presque toujours un déclencheur de l’anxiété
  • La personne évite activement cette/ces situation(s)
  • L’anxiété et la peur ressenties peuvent sembler excessives comparées à la menace réelle
  • L’anxiété et la peur nuisent au fonctionnement social ou professionnel du sujet et lui causent une détresse importante

Le diagnostic est effectué par un professionnel, qui saura séparer l’anxiété sociale des troubles similaires, et poser le diagnostic de comorbidités éventuelles.

Qui consulter pour l’anxiété sociale ?

L’anxiété sociale peut avoir des effets graves, et il n’est pas facile de la distinguer de troubles similaires. C’est donc vers un professionnel de la santé qu’il faut se tourner.

Votre médecin généraliste peut tout à fait vous aider en vous orientant vers le professionnel de la santé adapté, c’est à dire un psychologue.

Ou bien vous pouvez vous adresser à un psychologue directement, et notamment via Mindler, notre plateforme de consultation en ligne, vous permettant ainsi d’organiser des séances avec des psychologues certifiés. C’est un moyen simple et pratique de trouver le professionnel qu’il vous faut.

Comment soigner l’anxiété sociale ?

L’anxiété sociale est un trouble chronique, et un traitement est nécessaire.

Le traitement le plus courant et qui a montré son efficacité est la thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

Cette thérapie, basée sur une approche scientifique, se concentre sur les interactions existantes entre comportements, pensées et émotions. 

Dans certaines situations, des pensées et anticipations vis-à-vis d’émotions et ressentis vécues auparavant comme douloureux vont influencer notre comportement et vont nous pousser à éviter à tout prix ces situations, rendant de plus en plus difficile à vivre leur apparition.

Le but de cette thérapie dans la prise en charge de l’anxiété sociale est de sortir de ce cercle vicieux et de rendre ces situations sociales plus accessibles et moins angoissantes. Notamment, une remise en question de ses pensées et ruminations, couplée à un travail d’acceptation des sensations et émotions ressenties (via des exercices de pleine conscience par exemple) vont permettre progressivement de s’exposer à ces situations et d’adopter des comportements plus fonctionnels. Les séances, qui sont actives et qui reposent sur une bonne collaboration entre le psychothérapeute et le patient, sont consolidées par des exercices réalisés entre chaque séance. 

La thérapie peut, selon les cas, s’accompagner d’une approche médicamenteuse, notamment à base d’inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. Ces médicaments peuvent soulager certaines manifestations physiques de l’anxiété sociale, mais n’agissent pas sur l’anxiété à long-terme, d’où l’importance d’un travail psychothérapeutique.

Surmonter l’anxiété sociale, c’est possible

Mal très répandu, l’anxiété sociale n’est pourtant pas une fatalité. Les traitements ont fait leurs preuves, mais comme pour beaucoup de troubles psychologiques, la première étape pour en guérir, c’est de la reconnaître et d’en parler.